Second life
Second life, nouveaux territoires d’expérience artistique immatérielle ? Rencontre, conférence, performance. Lundi14 avril 2008 à 15 heures. Chapelle des petits Augustins. Lien : http://humains-associes.org/blog/
Créé en 2003 par la société californienne Linden labs, Second Life comptabilise en seulement quatre ans plus de 10 millions d’inscrits dans le monde entier.
Je livre ci-dessous les notes prises au cours de cette conférence. Je me suis amusée à faire ressortir le vocabulaire utilisé par les différents intervenants. Cela afin d’effectuer un relevé des mots utilisés pour appréhender ce « nouveau monde ».
« Quoi qu’on ait à décrire, on est limité par les manières de décrire. A proprement parler, notre univers consiste en ces manières plutôt qu’en un monde ou des mondes. » Goodman Nelson, Manières de faire des mondes, Trad. M.D.Popelard, Nîmes, Jacqueline Chambon, 1992., p.11.
Historique :
Créé en 2003 par la société californienne Linden labs, seconde Life comptabilisent en seulement quatre ans plus de 10 millions inscrits dans le monde entier.
Introduction de Julien Lévesque (étudiant à l’école des beaux-arts de Paris)
Il n’y a aucune règle du jeu. C’est une plate-forme de création. L’avatar le double JE. L’aspect social de création. Au départ dans 2nde Life, il y a des espaces vierges, une mise à disposition d’un espace virtuel. Le rôle de l’utilisateur est d’être contributeur, agent actif. C’est l’exemple d’un monde social et économique virtuel, un espace relationnel.
La table ronde est modérée par Margherita Balzerani (critique d’art est passionnée de jeux vidéo). Margherita Balzerani parle d’ « Expérience immatérielle ». Les mondes virtuels sont-ils de nouveaux territoires ?
Beaucoup de gens dans Second Life font des copier collier de la vie réelle.
Intervention de Miltos Manetas (artiste)
Miltos Manetas utilise une application flash pour faire des images se référant à Pollock qu’il expose dans 2nde Life. Second Life pour lui est une ville à habiter, à prendre en considération par les artistes et les intellectuels pour s’exprimer. Dans second Life les gens ont encore moins de temps à dédier aux autres que dans la vie réelle. Tout est extrêmement construit autour de vous. Sa première démarche : faire un désert. Pour lui, Internet n’est pas un endroit c’est plutôt un médium à utiliser.
Natasha Queser-Séméon et Tatiana Faria (Artistes, créatrices du projet l’île verte)
Démarche humaniste. Expérience humaniste, poétique et artistique. Le nom l’île verte vient d’un concept métaphysique persan proche de l’idée de virtuel. Pays virtuel ou l’esprit se “corporise“. Tatiana Faria dit avoir trouvé seconde Life moche et très mercantile, mais a vu aussi un fort potentiel. L’île verte est conçue comme un jardin. Importance des réseaux sociaux, il existe une communauté qui se retrouve dans l’auditorium construit (en 3D) sur l’île verte. Des conférences y sont diffusées. L’idée de communauté renvoie à l’autorégulation à partir de règles. Proposer un cadre, un contrat social de l’Internet, ce qu’elle appelle la net étiquette.
Etienne Parizot (astrophysicien)
Etienne Parizot fait des conférences scientifiques sur Second Life.
Pour lui, l’important n’est pas de savoir ce qui réel ou virtuel car avant tout c’est un espace. Il cite Tatiana Faria et pose la question : que faire des réseaux sociaux un art ?
Sur second Life on fait ce qu’on veut : ouverture de l’espace de création. Ce n’est pas de la 3D, mais de la 4D, la dimension du temps est présente. On peut faire évoluer les choses dans le temps (aléatoirement ou non), et en plus on peut faire des choses interactives.
Intervention de Margherita Balzerani : c’est l’idée du Web 3.0 : on se sert de son avatar pour agir.
E. P : on peut faire ce que l’on veut. Il fait référence ici aux règles physiques. Sur Seconde Life ce sont des îlots, de l’eau, la mer et le ciel.
Tatiana Faria : C’est un grand espace de créativité ou on peut très bien gagner sa vie.
Natasha QS : « on manque de main-d’œuvre pour construire dans second Life… Les Américains construisent beaucoup, les Chinois aussi… »
EP : l’art n’a jamais été conditionné à la technique.
Etienne Parizot rappel que le festival Pocket film a été retransmis sur Second Life.
Margherita Balzerani site des artistes contemporains qui sont intervenus dans second Life : Karfielt, exposé au plateau, Chris Marker…
EP : la matière de seconde Life est une matière à part entière. Et cela attire notre attention sur le fait que notre monde est lui-même assez immatériel. On ne peut pas parler d’un art immatériel que l’on opposerait à la terre, la terre du potier : Non ! La matière est aussi immatérielle. Dans Second Life c’est pareil. Réflexion sur la structure même du monde.
Nicolas Sordello, artiste
Lost eden : Le cimetière des espèces disparues. Copier ce qui n’existe plus. Art, pédagogie. Adapter les outils à mon discours. Envie de se mettre à la sculpture. Avec cet outil je mets la sculpture en mouvement.
Dans second Life les résidents sont des contributeurs : il crée des contenus.
Mark Alizart (directeur adjoint Palais de Tokyo)
Il note le dispositif incroyable de la conférence : au milieu de la chapelle des petits Augustins (Fra Angelico, moulures art grecques annonciations…), une table, des ordinateurs, des fils. Cela lui fait penser à la scène finale dans Ghost in the Shell. On est pris entre le lieu de la chapelle des beaux-arts et Second Life.
Il cite le directeur du palais de Tokyo qui parle d’univers parallèle, de ready-made, comme une sorte de réalité parallèle. Il évoque ensuite les rumeurs émanent de Google earth qui voudrait lancer un monde parallèle (monde qui existe déjà). S’intéresse au modèle économique de seconde Life, à la rencontre autour d’une même plate-forme de Google earth (mapping du monde), et par exemple de facebook et ebay.
Le palais de Tokyo doit adopter une position politique. Ils ont décidé de passer commande pour faire un bâtiment sur seconde Life : Appel à concours. Les questions suivantes se posent : Place du sujet ? Qu’est-ce que l’on devrait donner à voir ?…
Mark Alizart cite Bruno La Tour qui a proposé la reconstitution numérique d’un tableau. Doivent-ils proposer un musée imaginaire et laisser les clés à l’artiste ? Il note la difficulté de montrer le travail des artistes dans le médium est le numérique. Ce musée imaginaire pourra en être le lieu.
Grégoire Diehl (architecte SmoothCore)
Traiter l’architecture comme un objet dynamique et actif. L’importance de l’interactivité. Mettre l’avatar au milieu du système. « Vivrelaville » : avatar de SmoothCore. Dans second Life on peut acheter des villas toscanes voir la tour Eiffel, il y a des maisons avec des portes et des paillassons, alors que l’on peut voler, il y a des maisons en crépi, des grands corps en acier… Vivre la ville se dit que la possibilité de l’interactivité peut donner de l’épaisseur à l’architecture.
Media Architecture Pattern (MAP) : Assemblage de trois choses :
La trame (support modulaire)
Les stimuli (boule d’énergie comme dans Dragon Ball ou comme la poudre de la fée clochettes) Les stimuli sont des éléments interactifs.
Le Halo (révélateur du MAP)
Le désir est dans l’interactivité, dans la possibilité d’évolution et pas dans l’objet design fini. Je ne suis ni un propriétaire terrien, ni un scripteur. Je suis content de trouver de nouvelles contraintes dans Second Life, de me confronter à des changements de contraintes.
Alain De La Negra et Kaori Kinoshita (artistes)
Newborns. Ils travaillent autour des communautés.
L’avatar : comme une extension. Ils considèrent Second Life comme un outil. Pour rencontrer les gens.
Présentations de quelques communautés :
- Les Furies : communauté d’animaux anthropomorphes« Quand on enlève son masque d’hommes c’est ce qui reste »
- Les Goréens : communauté de maitres et d’esclaves
- Communauté évangélistes chrétiens.
(M : Monde persistant)
référence bibliographique : « Second Life un monde possible » d’Agnès Decalleux.











